L’EXPÉRIENCE HABITANTE : PIERRE ANGULAIRE DE L’URBAIN

Urbanisme #1

Atelier CAPACITES propose une série de textes concernant l’urbanisme : quelle fabrique de l’urbain ? quel(s) cadre(s) de vie ? Avec qui, pour qui et par qui ? quelle place donnée aux citoyens dans les projets urbains ? comment ouvrir l’urbain pour qu’il fasse quotidien ? comment créer et agir au sein d’espaces publics et de lieux de vie ? Autant de questions et bien d’autres encore que nous aborderons au fil des semaines.

Contrairement à la doxa des experts, les espaces urbains n’apparaissent pas seulement comme étant le « fait du prince », à la manière d’une construction urbaine pensée par une élite d’élus et de techniciens. Pourtant, les habitants-citoyens définissent eux-mêmes – consciemment ou non – les lieux dans lesquels ils agissent, pratiquent des loisirs, s’engagent, consomment ou travaillent.

Le problème devient double : d’un côté des architectes/maître d’œuvres qui considèrent que leurs ouvrages doivent être éternels et de l’autre des citoyens-habitants qui ne conçoivent pas ou peu que l’on puisse transformer, par l’action collective, des lieux de vie de proximité.

Si Baudelaire déclarait que « la ville change plus vite que le cœur des mortels », c’est précisément parce que l’urbain a trop souvent été considéré comme un amas froid de constructions techniques et matérielles. Il s’agissait, pour les habitants, de s’adapter ou de disparaître. A ce titre, les techniciens qui ont enclenché la construction des boulevards haussmanniens dans plusieurs grandes villes françaises du XIXe siècle, eurent un rôle d’esthète et d’hygiéniste plus que de connecteurs sociaux.

Les « bâtisseurs » n’ont semble t-il jamais réussi à intégrer l’importance de l’expérience habitante, ce facteur vecteur de transformations urbaines profondes car il se fonde sur le vécu, le sensible. Les boulevards haussmanniens existent certes toujours, mais l’économie de proximité, l’artisanat, la vie de quartier disparaissent dans ces zones urbaines-ci.

Jacques Donzelot dénonce d’ailleurs l’émergence de ces « villes à plusieurs vitesses » mais qui existent précisément à cause de cette absence de prise en compte de l’expérience habitante. Les défis techniques et esthétiques dans les grandes villes ont provoqué des inégalités entre ceux qui avaient les capacités de s’adapter aux nouvelles fonctions de la ville et ceux qui n’en avaient pas les moyens (socialement, économiquement, culturellement, etc.).

Pour y répondre, Atelier CAPACITES souhaite développer des balades urbaines. Ces dernières favoriseront une meilleure (re)connaissance de l’urbain, une valorisation de l’histoire des patrimoines bâtis, des lieux d’actions et d’engagements. Notre objectif tient à cette volonté de mettre en avant une citoyenneté active proche de l’histoire de son quartier et à la création d’identités, contre la création d’un espace urbain limité à une zone de consommation passive.

Pour retrouver nos autres publication, cliquez 🙂

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3 réflexions sur “ L’EXPÉRIENCE HABITANTE : PIERRE ANGULAIRE DE L’URBAIN ”

    1. Bonjour,
      Oui pas mal de choses :
      – livraison de projets (jardin de biodiversité urbaine, plateforme de mobilité, etc.)
      – lancement de notre démarche « Accompagner les Envies d’Agir » en lien avec la COP21.
      – encore d’autres choses. Le site vous donne les informations nécessaires. Mais n’hésitez pas à prendre directement contact avec nous : atelier.capacites@gmail.com
      A bientôt,

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